L’image
Le film
- Marque
- Hadia Ghaleb
- Direction artistique
- Ghaleb Production House
- Rôle
- Chef opérateur
- Lieu
- Côte des Émirats
- Année
- 2022
Sur ce film de maillots de bain Hadia Ghaleb, j’étais chef opérateur et non réalisateur ; le concept et la mise en scène venaient de Ghaleb Production House. J’ai construit un rendu pastel chaud, gorgé de soleil, en laissant la lumière du jour rester honnête. Le soleil de plage à la mauvaise heure est plat et froid sur la peau, donc tout le travail a consisté à le réchauffer et à l’adoucir, à renvoyer de la lumière dans les ombres pour un fini lumineux, et à tenir les tons dorés de la peau pendant que la mer gardait son bleu derrière. La palette va du rose au bleu marin, les couleurs des maillots eux-mêmes, pour que l’étalonnage accompagne le produit au lieu de le recolorer. Ce qu’il fallait, c’est une chaleur à laquelle on croit, proche et pas retouchée.
Peau dorée, lumière pastel
Le film tient sur deux registres. L’un est libre et joyeux, les moments de groupe, des mannequins qui marchent main dans la main le long du rivage, une femme voilée et une femme non voilée dans le même cadre, ce qui est toute l’idée de la marque rendue littérale. Ceux-là, je les ai filmés à l’épaule, proches et en mouvement, pour que l’énergie reste vraie plutôt que posée.
L’autre registre est composé et immobile, les portraits solo. Un gros plan beauté au moment où une mannequin baisse ses lunettes, le soleil qui accroche la monture. Un portrait en contre-plongée sous un voile rose translucide contre un ciel bleu net. Ceux-là, je les ai tournés en faible profondeur de champ pour l’intimité, posés et cadrés, pour qu’un film proche livre quand même les images fortes dont une marque de mode a besoin.
Le flare était un outil, pas un accident. J’ai laissé le soleil accrocher une optique et une paire de lunettes volontairement, pour le halo et la sensation d’été, puis je l’ai gardé assez contrôlé pour que les visages et les tissus restent nets.
Note du chef opérateur
Ce qu’il fallait, c’est une chaleur à laquelle on croit, proche et pas retouchée.
Le travail
Fiche technique
- Rôle
- Chef opérateur
- Caméra
- Blackmagic Ursa Mini 4.6K
- Optique
- DZOFilm Pictor Zoom
- Lumière
- Soleil de plage, réflecteur et négatif
- Étalonnage
- Pastel chaud, peau dorée
- Cadre
- À l’épaule et fixe, aériens au drone
Le travail portait surtout sur l’exposition et le modelé sous un soleil dur. Réflecteur et négatif pour la peau, une heure choisie, le flare laissé entrer puis maîtrisé, et le rendu pastel chaud protégé à la prise pour qu’il se lise comme de la lumière et non comme un filtre. Des aériens au drone ouvraient la côte entre les moments plus serrés.
L’épaule portait l’énergie du groupe et le cadre fixe tenait les portraits, pour que les deux registres restent distincts au montage. Le film a été monté de plusieurs façons à partir de la même matière, un film de mode principal, des teasers, une version lip-sync et un montage long, chacun en horizontal et en vertical.
Inspirations
La marque fait des maillots inclusifs, des pièces pour les femmes voilées comme pour les autres, si bien qu’une seule ligne habille toute une plage plutôt qu’un seul type de femme. Le film devait porter cette idée sans en faire une déclaration. Juste des femmes, ensemble, sur une vraie plage, dans une lumière honnête.
Le piège, dans un film de maillots, c’est le rendu retouché qui flatte le produit et aplatit la personne. La référence ici était l’inverse, un glamour chaud et proche, le fini tenu par l’étalonnage et le cadre plutôt que par la retouche.
Références
- Registre
- Mode proche, fille d’à côté
- Lumière
- Plein soleil de plage
- Étalonnage
- Pastel chaud, rose et bleu marin
- Casting
- Inclusif, voilées et non voilées